/Antitrust : la pression monte d’un cran sur Google, Apple, Amazon et Apple

Antitrust : la pression monte d’un cran sur Google, Apple, Amazon et Apple

Les représentants des GAFA ont été entendus par la Chambre des représentants. Les élus s’inquiètent des pratiques anticoncurrentielles des géants du numérique.

Par Publié aujourd’hui à 14h22, mis à jour à 15h36

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David Cicilline, le président démocrate du sous-comité sur la concurrence de la Chambre des représentants des Etats-Unis, mardi 16 juillet, lors de l’audition de représentants de Google, Facebook, Amazon et Apple.
David Cicilline, le président démocrate du sous-comité sur la concurrence de la Chambre des représentants des Etats-Unis, mardi 16 juillet, lors de l’audition de représentants de Google, Facebook, Amazon et Apple. Patrick Semansky / AP

« Cette audition a pour objectif de créer les conditions pour que puissent émerger les prochains Google, Facebook, Amazon ou Apple », a prévenu David Cicilline, le président du sous-comité sur la concurrence de la Chambre des représentants des Etats-Unis, qui a convoqué, mardi 16 juillet, des représentants des quatre géants du numérique. Né il y a trente ans, le Web a « révolutionné nos vies » et « lancé la croissance » de ces quatre entreprises « nées dans des garages » et « devenus des symboles de la grandeur de notre pays », a rappelé l’élu démocrate, avant de durcir le ton. « Aujourd’hui, nous nous inquiétons de plus en plus que des pratiques anticoncurrentielles du secteur mettent en danger les PME de ce pays », a-t-il déclaré, soulignant qu’aucun des 436 rachats d’entreprises par ces quatre grands groupes n’avait été interdit et aucune enquête antitrust n’a abouti à des sanctions, depuis le cas Microsoft, en 1998. « Les Etats-Unis risquent de perdre leur capacité d’innovation », a-t-il mis en garde.

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Malgré ce préambule, l’audition parlementaire s’est révélée un peu décevante : certaines questions ont montré une méconnaissance de la part des élus – « Pourquoi un enfant de 9 ans préfère-t-il regarder une vidéo de quelqu’un jouant à Fortnite plutôt que de jouer lui-même ? », a demandé l’un d’eux. Peu d’éléments nouveaux ont émergé, ainsi que peu de solutions législatives concrètes. Mais la session de près de deux heures a permis de mesurer le degré d’hostilité – bipartisan, mais un peu plus élevé chez les démocrates – des représentants et leurs points d’inquiétude. De plus, cette audition n’est que le début de l’enquête du sous-comité. Surtout, celle-ci s’accompagne d’autres enquêtes et réflexions sur le droit de la concurrence appliqué au numérique.

« Amazon n’est-elle pas en conflit d’intérêts ? », a demandé M. Cicillin, sous-entendant que l’entreprise de Jeff Bezos pouvait utiliser les données à sa disposition pour favoriser ses produits par rapport à ceux d’autres marchands aussi distribués sur son site. « Je ne suis pas d’accord. Nous ne nous servons pas des données sur des marchands individuels », a répondu Nate Sutton, conseiller d’Amazon pour les questions de concurrence. Vendre ses propres produits en tant que distributeur est courant dans la grande distribution, a-t-il ajouté. « Oui, mais vous pouvez manipuler vos algorithmes et vous avez accès à une quantité incroyable d’informations sur ce qui se vend sur votre plate-forme, vous ne vous en servez pas ? », a riposté M. Cicilline.

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