/« Pour ralentir le changement climatique, la France et l’Allemagne doivent agir de concert »

« Pour ralentir le changement climatique, la France et l’Allemagne doivent agir de concert »

Dans une tribune publiée dans « Le Monde » et le « Frankfurter Allgemeine Zeitung », les responsables des conseils français et allemand d’analyse économique constatent que, même si l’économie européenne était totalement décarbonée, cela ne suffirait pas à ralentir le changement climatique, et ils plaident donc en faveur d’un prix unique du CO2 pour le marché européen.

Publié hier à 11h00, mis à jour hier à 11h26 Temps de Lecture 3 min.

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« La mise en œuvre d’un prix uniforme du carbone aura nécessairement des impacts redistributifs entre les États membres et au sein de ceux-ci. Les premiers doivent être traités au niveau européen, les seconds relèvent des politiques nationales. »
« La mise en œuvre d’un prix uniforme du carbone aura nécessairement des impacts redistributifs entre les États membres et au sein de ceux-ci. Les premiers doivent être traités au niveau européen, les seconds relèvent des politiques nationales. » Style-Photography/Westend61 / Photononstop

Tribune. Au cours des derniers mois, des citoyens ont manifesté tant en France qu’en Allemagne pour protester contre la politique climatique de leurs pays respectifs, avec des motivations en apparence opposée. En France, le mouvement des « gilets jaunes » a débuté sur le rejet d’une augmentation de la taxe sur le CO2 au-delà de 45 euros par tonne, tandis que les jeunes Allemands, autour du mouvement « les vendredis pour l’avenir », dénonçaient au contraire le manque d’ambition de la politique environnementale du gouvernement et exigeaient l’introduction d’un prix du CO2 pouvant atteindre 180 euros par tonne.

Les positions des citoyens français et allemands pourraient toutefois être réconciliées, grâce à une politique climatique efficace et juste, qui nécessite une coopération européenne et internationale. Nous pensons que cette coopération devrait être soutenue par une initiative franco-allemande.

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Nos deux conseils ont publié des rapports indépendants qui soulignent le rôle indispensable du prix du carbone, dans tous les secteurs d’activité et les industries, pour réduire les émissions de CO2 au moindre coût. Pour mettre en place un système de tarification du carbone efficace, il est cependant essentiel de s’assurer de son acceptabilité politique : en expliquant au public les circonstances et les options de réduction des émissions de CO2, et en renforçant en particulier la stratégie de tarification du carbone avec une redistribution du revenu de la taxe carbone aux ménages et aux entreprises, tout en préservant les incitations aux changements de comportement.

Un prix uniforme du carbone aura des impacts redistributifs

Au sein de l’Union européenne, le choix naturel pour mettre en œuvre ce prix uniforme du carbone serait d’étendre le système européen d’échange de quotas d’émission (EU-ETS) à d’autres secteurs. En outre, un traitement homogène des émissions de CO2 serait aussi un élément important de l’achèvement du marché unique européen. Si un tel accord ne peut être conclu à court terme avec l’ensemble des Etats membres, nous suggérons d’avancer avec un premier groupe de pays mobilisés avec la France et l’Allemagne qui étendraient le système des ETS à l’ensemble des secteurs ou qui mettraient en œuvre un système distinct de tarification du CO2 pour les secteurs non couverts par les ETS.

La mise en œuvre d’un prix uniforme du carbone aura nécessairement des impacts redistributifs entre les États membres et au sein de ceux-ci. Les premiers doivent être traités au niveau européen, les seconds relèvent des politiques nationales.

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