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Le Nord de la Syrie est hors de contrôle

Les soldats syriens sont entrés dans la ville de Tal Tamar. Une femme sur le bord de la route brandit une photo du président syrien Bashar El Assad et crie « Avec notre âme et notre sang nous allons te racheter Bashar ! » Tal Amar est ville où les chrétiens assyriens sont majoritaires, une population qui soutient le régime syrien. La ville avait été conquise par l’Etat Islamique puis reprise par les forces kurdes. Mais ces forces kurdes qui étaient alliées aux Etats-Unis viennent de conclure un accord avec Damas qui change tout.

 

Un revirement majeur dans la guerre

Cet accord, les Kurdes l’ont conclu à un moment précis, celui où le retrait des forces américaines présentes à leur côté a commencé. Et personne, à ce stade ne peut prédire ce que ce changement majeur dans les alliances va engendrer exactement. Mais un affrontement direct entre les armées turque et syrienne n’est plus impossible. Selon certains journalistes sur place, l’armée turque semble s’avancer beaucoup plus loin en territoire syrien que les 30 kilomètres initialement annoncés. Ce qui ne restera évidemment pas sans réponse de la part des troupes de Bashar El Assad. La plupart des soldats syriens sont arrivés dans le Nord de la province de Raqqa à bord de bus et de pick up équipés d’artillerie lourde. C’est bien l’annonce du retrait des soldats américains encore présents sur cette zone qui a abouti à cet accord. Acculés, les Kurdes sont allés chercher ailleurs l’appui que le président Trump venait de leur retirer. Plus globalement, avec ce revirement majeur, c’est toute l’influence américaine dans la zone qui s’estompe encore un peu au profit de celle de Bashar El Assad et de celui qui le soutient sans relâche depuis le début, Vladimir Poutine.

Tout bénéfice pour Moscou

La Russie compte bien profiter un maximum de cette nouvelle situation. En devenant notamment l’interlocuteur privilégié de la Turquie. Dès que le dernier soldat américain sera effectivement parti de la zone, cette influence pourrait aussi se concrétiser directement sur le terrain militaire. « Jusqu’ici Moscou devrait se réjouir de la situation actuelle. La dureté de la réponse américaine, la réaction de l’Union européenne et les menaces de sanctions contre la Turquie, tout cela va jouer en faveur d’un rapprochement entre Moscou et Ankara » analyse Kirill Semenov, porte-parole du conseil russe des Affaires internationales. Il ajoute que « ce serait bénéfique pour la Russie de mettre Ankara et Damas autour de la table, cela montrerait qu’Ankara reconnaît la légitimité du régime de Damas et voire celle de Bashar El Assad lui-même. »

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