/St-Symphorien est-elle encore la capitale du chicon ?

St-Symphorien est-elle encore la capitale du chicon ?

Depuis des décennies, le chicon fait la fierté de la commune de St-Symphorien, près de Mons. A l’époque tous les villageois de l’entité cultivaient cette endive dans leur potager.  » Dans ma famille, on est dans le chicon depuis l’après-guerre », soutient Franck Van Den Bulcke, agriculteur. « C’est une agriculture qui s’est transmise de père en fils. Je pense qu’il faut être né dedans pour se lancer dans une pareille aventure. »

Dans la culture du chicon, il faut différencier le légume en hydroculture (avec de l’eau) à celui qui pousse dans la terre. Le travail de la terre demande beaucoup d’investissements de temps, de mains d’œuvre et de courage. Les légumes sont d’abord semés sur les champs vers le mois de mai. Il faut ensuite retirer les racines, couper le feuillage et replanter sous couche, dans la terre, couvrir de paille et d’une bâche noire. Le chicon doit en effet rester à l’abri de la lumière pour pousser.

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Un travail harassant qui tend à décourager les producteurs de chicon. Pour preuve, il était encore une petite dizaine sur la commune de St-Symphorien il y a 10 ans. Aujourd’hui, il n’en reste plus. Il faut se rendre dans la commune voisin de Spiennes pour en trouver. « Le chicon est un légume ingrat », ajoute Franck Van Den Bulcke. « C’est un légume d’hiver qui demande beaucoup d’attentions. Il faut être plusieurs à travailler en même temps. Depuis que mon papa a eu un accident, je me suis retrouvé seul. J’ai dû abandonner la culture de l’endive en 2013. »

La concurrence étrangère et le manque d’attractivité

La Belgique doit faire face à la concurrence de la France et des Pays-Bas. « Le nord de la France est très actif dans la culture de l’endive », explique Gilles Mayeux, directeur de la Ferme expérimentale du Carah à Ath. « Ils forment des coopératives agricoles qui peuvent proposer des prix hyperattractifs. C’est difficile de s’aligner à ce genre de prix… Surtout pour la quantité de travail réalisé. »

Des conditions difficiles qui repoussent les jeunes générations à se lancer dans l’aventure du chicon. « C’est un travail très dur. Les jeunes veulent des loisirs. Ils ne veulent plus consacrer leur temps uniquement à la terre », déclare Franck Van Den Bulcke. « Je ne connais personne qui se lancerait dans cette aventure. »

L’hydroculture pour survivre

Contrairement aux difficultés engendrées par la terre, l’hydroculture facilite le travail des « chiconniers ». Vincent Hautenauve en fait l’expérience. Ce maraîcher du Roeulx cultive le chicon avec son frère. En 1990, avec leur père, les deux frères décident de passer à l’hydroculture pour des mesures de rentabilité et de facilité. « Ça nous permet de cultiver toute l’année le chicon et d’avoir un meilleur contrôle durant le forçage (ndlr. période où le chicon se forme) », assure l’agriculteur de Ville-Sur-Haine. « Mais on peut clairement dire que le chicon a moins de succès… Surtout auprès des jeunes. Nous en vendions plus avant et en plus grande quantité. » Grâce à cette méthode de culture, l’agriculteur peut pérenniser son entreprise. Toutefois, Il ne le recommande pas à la jeune génération. « Je le déconseille aux jeunes. C’est trop compliqué et usant. »

Le fait régional: Le chicon se porte mal

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