/Sécurité renforcée au 450e marché de Noël de Strasbourg, un an après lattentat

Sécurité renforcée au 450e marché de Noël de Strasbourg, un an après lattentat

Le marché de Noël de Strasbourg fait partie des festivités d’hiver les plus populaires de France. Cette année, il fête d’ailleurs son 450e anniversaire.

Un anniversaire lié à un autre, plus sombre celui-là : celui de l’attentat qui a coûté la vie à 5 hommes, l’an dernier.

Le 11 décembre 2018, Cherif Chekatt avait semé la terreur, armé d’un pistolet et d’un couteau, dans les ruelles du centre-ville, à l’heure où le marché de Noël s’apprêtait à fermer. Ce délinquant multirécidiviste de 29 ans, fiché pour radicalisation islamiste avait également blessé une dizaine de personnes avant d’être tué par une patrouille de police après deux jours de cavale.

1 million d’euros pour la sécurité

Un an après le drame, la mairie et la préfecture ont promis un dispositif sécuritaire « plus dynamique et mieux coordonné« , tout en reconnaissant que le marché de Noël ne pourra jamais être complètement « étanche« .

Ce dispositif sera présenté au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui se rendra à Strasbourg ce vendredi après-midi.

« Nous n’avons aucun élément spécifique d’inquiétude, terroriste ou autre, concernant le marché de Noël de Strasbourg« , a déclaré le ministre, dans un entretien aux Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), assurant vouloir « porter un message de vigilance, mais aussi de sérénité, de confiance et d’invitation à la fête« .

Parmi les mesures de sécurité : environ 500 forces de l’ordre en tenue et en civil, l’accès au centre-ville filtré avec des points de contrôle auxquels les visiteurs devront se présenter sacs et manteaux ouverts, des obstacles et des fosses pour parer la menace de véhicules béliers.

Hommage

Le mercredi 11 décembre, une journée d’hommage sera organisée en souvenir des victimes de l’attentat, moment d’émotion à mi-course du marché de Noël.

Pour les visiteurs comme pour les commerçants, le marché de Noël de Strasbourg restera lié à ce tragique événement, comme l’explique Maxime Sengel, restaurateur: « Ça va faire un an dans quelques jours et je pense effectivement, que ce soit dans deux ans, trois ans, quatre ans, dix ans, moi personnellement j’aurais toujours les coups de feu dans ma tête et les étincelles du tireur, c’est un truc qu’on pourra jamais oublier.« 

Dans un chalet du marché, aux « Délices de Noël« , Julie Adam respectera la tradition. Elle sera présente cette année encore. « Une appréhension, on en a toujours mais après honnêtement on a pas peur, on va pas s’empêcher de travailler, on aime l’ambiance de Noël, c’est notre tradition en Alsace, donc, non, on sera toujours présent. »

La peur des attentats ne semble pas non plus avoir découragé certains visiteurs. Benjamin, 27 ans, et Saskia, 24 ans, sont venus de Stuttgart passer trois jours dans la capitale alsacienne et comptent bien profiter du marché de Noël, car, même si ces marchés rythment aussi les fins d’année en Allemagne, « ce n’est pas aussi gigantesque ni magnifique« . Quant aux attentats, ils peuvent « se passer n’importe où« , considère Saskia, également rassurée par les mesures de sécurité visibles.

Avec un budget qui devrait atteindre 4,5 à 5 millions d’euros pour ce marché, dont près d’un million pour la sécurité, Strasbourg attend près de 250 millions d’euros de retombées économiques.

Ambiance d’autrefois

Cette édition fera la part belle à l’enfance, avec un grand sapin décoré de jouets d’autrefois, des ateliers manuels et des spectacles pour les petits.

Le Liban, et particulièrement Byblos, port phénicien symbole de diversité, sera mis à l’honneur avec un marché thématique qui proposera mezze et produits artisanaux.

Au-delà de Strasbourg, tout le nord-est de la France entre dans la saison des marchés de Noël, de Montbéliard à Metz, en passant par Kaysersberg, Obernai et Sélestat. Colmar, qui attend 1,5 million de visiteurs contre 2 millions à Strasbourg, inaugure aussi son marché vendredi soir.

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