/« La liste rouge des abeilles », un rapport alarmant sur les abeilles sauvages de Belgique

« La liste rouge des abeilles », un rapport alarmant sur les abeilles sauvages de Belgique

On parle souvent du déclin des abeilles domestiques, les abeilles mellifères. Mais comment vont les abeilles sauvages, celles qui vivent dans la nature ? Les nouvelles ne sont pas très bonnes. C’est ce que nous révèle la première étude sur leur risque d’extinction, intitulée : « La liste rouge des abeilles de Belgique ». Coordonné par le Département de Zoologie de l’UMons, le projet Belbees a identifié l’état des populations d’abeilles sauvages en Belgique et les causes de leur déclin. Car déclin il y a comme le confirme Maxime Drossart, assistant de recherche du laboratoire de biologie de l’UMons : « Plus d’un tiers des espèces d’abeilles sont menacées d’extinction et si on ajoute les espèces déjà disparues on attend plus de 40% des espèces qui sont soit menacées, soit éteintes« .

Si on ajoute le nombre d’espèces en passe d’être menacées, on dépasse alors les 50%. Le constat de la menace sur les abeilles sauvages ne date pas d’hier. Dans les années 90, une étude rapportait la disparition de 4 espèces d’abeilles sauvage en Belgique, on est aujourd’hui à une quarantaine, soit dix fois plus. Ces abeilles, plus discrètes que leurs sœurs domestiquées jouent pourtant un rôle essentiel pour les écosystèmes mais aussi pour les cultures. « Elles pollinisent 80% des fleurs sauvages – nous dit Maxime Drossart – mais elles ont aussi une importance sur le plan économique puisqu’elles participent à la pollinisation des plantes cultivées, elles impactent la quantité et la qualité des plantes alimentaires, enfin, elles ont une importance patrimoniale puisqu’on parle d’un cortège d’espèces de plusieurs centaines« .

Et plus les espèces sont diversifiées, plus le travail de pollinisation sera efficace comme le dit Denis Michez, professeur à l’UMons : « Les études montrent que plus il y a de diversité, plus les espèces sont résilientes et efficaces  » si vous avez un champ qui est pollinisé par dix espèces d’abeilles par rapport à un champ qui est pollinisé par deux espèces, le champ visité par dix espèces va produire plus de graines, plus de fruits que le champ pollinisé par deux espèces d’abeilles. »

Les causes du déclin

L’étude de BELBEES met également en évidence les causes du déclin des espèces : « Les causes sont étudiées depuis plusieurs années. Ce qui est mis en évidence c’est ce qui cause la perte des habitats et des ressources florales, des ressources alimentaires. On peut citer l’intensification agricole, l’urbanisation et les changements climatiques à travers les canicules mais aussi les augmentations graduelles de la température« .

Les recommandations

Les scientifiques qui ont rédigé cette étude proposent des pistes de solutions adressées au monde politique. Mais ils rappellent aussi que tout un chacun peut jouer un rôle dans la protection de la biodiversité. La protection des habitats naturels de ces abeilles sauvages commence parfois par de tout petits gestes comme le fait de laisser un morceau de jardin non cultivé, en laissant la nature faire son travail. « On n’est pas encore au point de non-retour mais on est à un point critique, il faut agir maintenant » avertit Denis Michez.

Le projet de recherche BELBEES, financé par la Politique scientifique fédérale (BELSPO).

Le déclin des abeilles sauvages – 05/12/2019
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