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Digitalisation du marché de la seconde main : certains magasins souffrent de la concurrence

Les magasins traditionnels de seconde main sont-ils menacés par internet ? On peut se poser la question à l’heure où vous pouvez vendre ou acheter des vêtements d’occasion sur des plateformes en ligne de plus en plus nombreuses. Certains en souffrent plus que d’autres et petits et grands commerces physiques sont à tout le moins attentifs à cette évolution.

Facilité d’utilisation

Sur la table de sa salle à manger à Uccle, Jen installe une petite veste que sa fille n’a jamais portée et une paire d’escarpins qu’elle n’a presque jamais mis. Pour cette jeune maman, c’est devenu une habitude : quand elle veut se débarrasser de vêtements ou d’accessoires en bon état, elle les revend via une plateforme de seconde main sur internet. Téléphone en main, la marche à suivre est on ne peut plus simple.

« C’est prendre une photo et la poster, ça prend quelques secondes, c’est très facile« , nous explique-t-elle.

Tellement facile que depuis au moins un an, Jen ne se rend plus dans les boutiques traditionnelles de seconde main. « Je ne le fais plus aujourd’hui parce que ces applications-là existent avec des prix différents, il faut le dire, confie-t-elle. C’est normal parce que les vendeurs n’ont pas de boutique, donc pas de charge, il n’y a pas d’intermédiaire, mais c’est vrai que c’est un peu dommage« .

Asbl Terre : qualité des dons en chute libre

Les plateformes comme Vinted, 2ememain.be ou le marketplace de Facebook concurrencent clairement les magasins de seconde main. L’asbl Terre, par exemple, récolte et revend des vêtements depuis 70 ans. Mais avec l’apparition des sites de seconde main, la qualité des dons est en chute libre. En 2018, seuls 55% des vêtements reçus étaient revendables dans une vingtaine de magasins. L’asbl permet pourtant de remettre des personnes au travail.

« Le but de l’asbl c’est de créer de l’emploi, précise Nadia Houari, vendeuse titulaire d’une boutique à Evere. Et avec tout ce qu’on gagne en magasin, on peut payer le loyer et nos salaires aussi« .

Ils préfèrent le contact, venir essayer les vêtements, regarder à leur aise…

Cécile Geeroms, elle, a ouvert une boutique de dépôt-vente près de la place Jourdan à Etterbeek il y a un an. Si la concurrence des plateformes en ligne lui a d’abord fait peur, elle constate que les clients se déplacent encore.

« Ils préfèrent le contact, venir essayer les vêtements, regarder à leur aise, voir la pièce, avoir le service, détaille-t-elle. C’est quand même quelque chose qui fait partie du plaisir d’acheter en seconde main, et pas mal de gens s’en rendent compte !« 

Le marché de la seconde main se développe, preuve d’une certaine prise de conscience des consommateurs. Même si tout le monde n’en profite pas.

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